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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 17:42

Lecteur, lectrice,

 

 

Je sais bien que tu attends en trépignant d'impatience la suite de mes aventures au Mans, mais en fait, ces derniers jours, à l'occasion de l'affaire de l'épreuve de mathématiques du baccalauréat scientifique, je lis quelques trucs qui me font bondir (c'est certainement ma nature de Tigrou qui veut ça, c'est bien connu, les tigres font des bonds)

 

 

http://katpause.files.wordpress.com/2008/08/tiggerglad.jpgMais peut-être bondis-je seule, dans ma grande naïvitude, ce serait hélas dans ma nature de Tigrou, puisqu'on sait depuis ce grand film qu'était "Les aventures de Tigrou" que en fait c'est le seul habitant de la Forêt des rêves Bleus. De même, peut être suis-je la seule humaine vintage (de plus de 20 ans donc, si tu suis pas, va relire ma présentation) qui bondisse en lisant tout ce qu'on dit des jeunes ces feignasses  suite à toute cette affaire, qui n'est ni plus ni moins qu'une resucée de ce qu'on lit de toutes façons tous les ans en période de bac.

 

 

L'heure est grave, lecteur, lectrice. Parce que tu vois, le bon sens populaire, celui qui vit dans les commentaires d'articles de journaux par exemple, bref, le bon sens populaire nous dit que en gros, de toutes façons, les jeunes sont, au choix, incultes, bêtes, partisans du moindre effort, irrespectueux. Comme si franchir le cap du vintage en obtenant ton bac, ton permis de conduire, ton premier appart, voire ton premier boulot, te faisait lentement mais sûrement traverser une barrière invisible où tu quittes le "nous" de la djeunssitude pour rejoindre le "nous" des adultes qui jugent ces djeunes, qui eux, deviennt "eux" (t'as suivi, lecteur, lectrice ?)

 

 

Et à ça, lecteur, lectrice, j'ai envie de répondre par une petite provocation Djaunicachesque :

 

http://rockabilly72.r.o.pic.centerblog.net/yks0hey2.jpg

(sacré lui)

 

 

Cliché sur les jeunes n°1 : "De toutes façons ils n'ont aucune culture, tout ce qui les intéresse c'est de jouer à la Wii"

Ya du vrai là dedans, entendons nous, bien des jeunes ne semblent pas avoir d'autre ambition que de faire péter les scores à mario Kart  Wii (ou autre jeune vidéo de djeuns, je ne suis pas trendy en matière de jeu vidéo, et je suis pas trendy tout court)

 

Mais. Il y a un "mais". Ou plusieurs.

 

Mais

- une grande majorité de personnes vintage (dont certains qui squattent à l'Elysée par exemple) méprisent ou ont méprisé assez profondément la culture (au hasard : la Princesse de Clèves). Leur unique but dans l'existence semble fondée sur la consommation à outrance, leurs samedis dans les hypermarchés des zones périphériques des villes, le regardage des JT de Jean-Pierre Pernaut. Alors les jeunes qui s'en foutent de la culture comme de leur première purée de légumes, ben ils font juste comme bien des gens, je vois pas pourquoi on leur reprocherait à eux ce qu'on ne reprocherait pas aux autres ;

 

- quand j'étais moi-même dans la fleur de l'âge, ma lecture préférée c'était le magazine 20Ans (et là lecteur tu vois, on sent la vintagerie dans le dedans de moi). Je l'attendais fébrilement chaque mois chez le marchand de journaux (mes parents trouvaient que c'était con et superficiel comme lecture), c'était ma dose, ma came, ma lecture quoi. Et je n'ai jamais lu la Princesse de Clèves (moi non plus). J'aime lire des bandes dessinées. Je ne dédaigne pas la chick lit, j'y trouve beaucoup de plaisir. Je ne crois pas que ça fasse de moi un être profondément inculte, ça fait juste de moi quelqu'un qui a besoin de sa dose de futile. J'ai d'ailleurs moi-même inventé le concept de "f'utilité" parce que tu vois, lecteur, lectrice, le futile parfois c'est drôlement utile ;

 

- certaines personnes non vintage m'épatent et m'en remontrent par leur culture littéraire et musicale, par leurs passions. Ce n'est pas parce que de nos jours l'information est plus facile à trouver que quand en 1996 tu avais juste ton CDI et ta médiathèque  municipale (quand tu avais la chance d'en avoir une) (parce que moi c'était pas mon cas) (de CDI non plus d'ailleurs, la documentaliste considérant visiblement comme un échec professionnel le fait que des élèves aillent dans le CDI et s'y documentent) pour trouver les infos qu'il faut mépriser l'effort de la recherche et l'effort de l'acquisition.

 

 

Cliché sur les jeunes n°2 : les jeunes n'ont aucun goût de l'effort, de nos jours

 

Lecteur, lectrice, arrête de te la jouer adulte mature et responsable, tu ne trompes personne. Toi aussi de temps à autre tu ne dédaignes pas de glandouiller sur le canapé non ? Ben le jeune il est comme toi.

 

Et si le jeune il va au lycée à 20 km de chez lui, comme je l'ai fait par exemple, qu'il prend son bus tous les matins à 7h15 tous les jours (sauf le dimanche), qu'il ne peut revenir chez lui qu'à 19h30 au mieux tous les jours, ben tu comprendras que le jeune n'ait pas forcément l'énergie de s'activer sur ses révisions de la Guerre Froide dès 19h31 en fait. Il a juste envie de dormir là.

 

Bien sûr, tout ça a changé avec les changements de rythme scolaire, mais ce quoitidien est encore celui de pas mal de monde (sauf que peut être le jeune a récupéré une garsse mat en plus du dimanche). Et même si les journées sont moins chargées, quand tu passes 8h00 de ta journée à devoir te concentrer parfaitement pour écouter une personne, ben ça fatigue un peu. Ca te rappelle quelqu'un ? Oui, toi en formation (ou en réunion). Et encore, on ne t'impose pas 8h00 d'affilée.

 

Les modèles de réussite sociale proposés au jeune actuellement ne sont pas en outre ceux de l'effort et de l'abnégation. Non. On te dit que si t'as pas une rolex à 50 ans, t'as raté ta vie, mais on ne te conseille pas de bosser pour l'acquérir cette Rolex. Non. Parce que l'écart entre les revenus du patrimoine et du travail va sans cesse croissant. Le poids des héritages pour une minorité a repris le même poids qu'en 1911. Voilà où on en est. Alors le jeune, avec ton travail, il te voit venir.

 

D'autant plus que lui, il n'en aura peut être pas, de travail. Malgré un bac ou un bac + 2, il fera un travail moins qualifié et moins rémunérateur que son père (ça s'appelle le déclassement et  c'est pas moi qui le dit, c'est Camille Peugny) et il devra peut être en passer par la case chômage (sans allocation évidemment) - CDD (trop court pour pouvoir cotiser assez longtemps pour avoir des sous de l'ami Paul Emploi) - re-chômage - re-CDD un certain nombre de fois avant de trouver le Graal (un boulot en CDI) et de quoi construire et s'installer dans la vie.

 

Et puis bon, maintenant qu'on est entre nous, lecteur, lectrice, avouons-le, à 17 ans tu pensais à ton bac, mais tu avais aussi tes premières histoirs d'amour (voire les deuxièmes, troisièmes...), les hormones en folie, envie de te tirer de chez toi, envie de militer à ATTAC contre la mondialisation (rends toi compte, à l'époque le mot "altermondialisme" n'existait pas) et tu pensais beaucoup à ta virginité fraîchement quittée ou en bonne voie pour le faire. Bref, tu avais envie de vivre les choses. Intensément.

 

 

Cliché sur les jeunes n°3 : "de toutes façons ils n'ont aucun respect"

 

Ben tu vois, lecteur, lectrice, l'autre jour, j'étais dans une file d'attente pour m'acheter une boisson fraîche. Il y avait une fille de 17 ans qui a consciencieusement respecté la file d'attente. Celui qui m'a doublée, faisant fi de mon attente et de mon envie de me désaltérer parce que visiblement lui il était plus pressé et bien plus important que mon humnle personne, le seul qui m'a dépassée, donc, c'était un type vintage entre deux âges. Pas un enfant.

 

Ceux qui hurlent dans la rue, le soir, après minuit, et qui me réveillent, ont parfois largement dépassé les 20 printemps. Le savoir-vivre n'est pas une question d'âge, c'est une question d'éducation et de respect.

 

Tu es parfois choqué du fait que les jeunes filles portent des talons et se maquillent comme des camions volés. On est d'accord, c'est moche. Mais tu vois, lecteur, quand j'avais 18 ans, la mode en sous-vêtements c'était les strings et avec mon khôl je me faisais des yeux de panda. Encore un peu avant, la mode c'était les pantalons taille basse et les t shirts au-dessus du nombril (ô douce joie d'avoir grandi dans les 90s). Je ne voyais pas où était le problème quand mes parents m'interdisaient de sortir dans cette tenue. Depuis, j'ai appris le bon goût et les limites. J'ai grandi en somme.

 

Des fois les jeunes ils s'engagent dans des causes. Je sais pas ce que font les autres, mais moi à l'âge de l'idéalisme j'étais engagée et je donnais de mon temps, de ma personne, pour les faire progresser. Parce que j'y croyais, que je voulais sauver le monde. Je ne suis pas certaine que cela, ça ait changé.

 

 

Lecteur, lectrice, tu as le droit de ne pas être d'accord avec moi. De trouver, comme la marionnette de Cabrel, que "c'était mieux avant".

 

 

C'est pour ça que je le revendique : je suis une jeune conne.

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Publié par Colombe Vintage - dans le côté obscur de la force
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commentaires

Le Miroir de Narcisse 25/08/2011 12:13



Moi aussi.. même que je suis pas trendy non plus^^



Colombe Vintage 25/08/2011 12:28



moi non plus, la preuve, je mange encore des macarons et j'aime pas les cupcake, j'aime pas la crème au beurre



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